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Pour en finir avec « LE » multiple en évaluation

Pourriez-vous me dire quel est « LE » multiple à utiliser pour évaluer mon entreprise à partir des résultats des dernières années?   

C’est la question que bien des entrepreneurs nous soulèvent lorsqu’on parle d’évaluation d’entreprise.

Nombreux savent que les méthodes basées sur les données historiques, faisant appel à un multiple, sont utilisées couramment en évaluation. Elles sont simples à première vue, comparativement aux méthodes basées sur l’actualisation des « cash-flows » futurs, ces dernières nécessitant entre autres de convenir de prévisions financières.  

Les méthodes faisant appel aux bénéfices avant amortissements, intérêts et impôts (BAIIA) ajustés sont habituellement priorisées pour les entreprises qui exigent d’importants investissements en immobilisations. Soulignons-le, ces dernières servent à établir la valeur de l’entreprise. Pour obtenir la valeur des actions d’une société, il convient de soustraire de la valeur de l’entreprise les dettes de cette dernière.

Pour bien des intervenants financiers, et même si cela soulève certaines limites, la valeur d’une petite entreprise privée se calcule avec un multiple de BAIIA de trois à cinq. On note que l’écart est assez important. Le choix plus précis dans cette fourchette dépend de bien des variables, telles que la réputation de l’industrie, l’historique et la position de l’entreprise dans son marché, la qualité des dirigeants et de l’ensemble de son personnel, ainsi que de ces installations, etc.

Les sociétés qui méritent un multiple de cinq ont généralement de bonnes marges et sont bien établies. En revanche, celles qui se situent au plus bas choix de multiples ont souvent des marges plus faibles ou ont un historique de rentabilité limitée.

Pour les petites exploitations ou les entreprises de services, on utilise souvent un multiple des bénéfices représentatifs passés.  Lorsque le propriétaire joue un rôle opérationnel important dans les résultats et que ceux-ci constituent sa rémunération, il est fréquent de se référer aux revenus discrétionnaires.  

Cela dit, la taille de la société a un impact certain sur le choix du multiple. Les plus importantes comptent très souvent sur une équipe expérimentée, des systèmes plus matures et une plus grande diversification de produits, de services et/ou de marchés géographiques. Même si elles sont des entités privées, elles ont généralement accès plus facilement au financement alors qu’elles présentent moins de risques pour les intervenants. Elles arborent souvent plus d’attraits pour des joueurs majeurs.    

Les méthodes s’appuyant sur les résultats passés supposent que ceux-ci expriment ce qui va se produire dans le futur sans interruption. Ceci pose comme prémisse qu’on soit en présence d’une entreprise stabilisée et œuvrant dans un marché stable. Or, même dans cette situation, il faut appliquer des ajustements. Par exemple, il est fréquent que la direction travaille depuis un certain temps sur un ou plusieurs projets : développer un produit innovant, un nouveau marché, etc. Certaines dépenses non courantes sont engendrées et leurs impacts sur les résultats futurs ne sont pas encore connus.

Pour une entreprise œuvrant dans un marché régional qui arrive à la fin d’une période de demande intense, on comprend que les cash-flows des dernières années peuvent de ne pas être au rendez-vous au cours des prochaines.  De même, selon la conjoncture, certaines industries sont plus attrayantes. Les sociétés opérant dans des marchés moins sensibles aux récessions sont plus attractives en fin de cycle économique, ce qui se répercute sur le multiple.

Cela nous amène d’ailleurs à souligner que l’état général de l’économie a une incidence très forte sur les multiples à utiliser. Lorsque la crise financière a sévi à la fin de 2008 et en 2009, les transactions d’acquisition et de fusion ont considérablement diminué. Évidemment, la récession a réduit les profits d’un grand nombre d’entreprises. Il n’était alors plus le temps de vendre pour bien des propriétaires. Cependant, il faut souligner que, lorsque les institutions financières sont peu favorables à consentir des financements, le nombre d’acquéreurs potentiels diminue, alors que la mise de fonds qui leurs est demandée devient très importante. Les acheteurs les plus actifs sont alors généralement à la recherche d’aubaines.  

Ces dernières années et en ce moment, plusieurs facteurs sont favorables aux multiples. L’activité économique favorable, les faibles taux d’intérêts, la disponibilité de capitaux et un intérêt certain pour l’acquisition d’une entreprise de la part d’un grand nombre de repreneurs sont autant d’aspects à souligner. Lorsque plusieurs acheteurs démontrent de l’intérêt pour une société, il s’en suit évidemment une hausse des valeurs.  

Ainsi, ce qu’il faut retenir, c’est que chacune des méthodes utilisées en évaluation a ses avantages et limites. Il convient de les utiliser à bon escient et de faire appel à plus d’une méthode. L’évaluation d’entreprise nécessite de procéder à une analyse rigoureuse, combinée à l’expérience. Et surtout, ne cherchons pas « LE » multiple à utiliser de façons universelles et constantes.

 

 

Francis Belzile, M.Sc.
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